COUTUMES ET TRADITIONS

En Normandie, en Bretagne, au Perche, au Poitou, nos ancêtres avaient grandi dans des familles entièrement soumises à l'autorité du Roi et de l'Église. Leurs coutumes et leurs traditions eurent donc une continuation sur le sol de la Nouvelle-France et survécurent aux changements de domination de l'après guerre des plaines d'Abraham. Les chansons de folklore, la bénédiction paternelle, la croix sur le pain avant de l'entamer, l'angélus, le mardi-gras, la mi-carême, la grande demande et combien d'autres traditions ont accompagné nos aieux en se transformant légèrement au gré des générations. Quelques unes ont survécu aux bouleversements sociaux et technologiques et dans plusieurs régions rurales du Québec, des citadins appelés par un retour aux sources, viennent redécouvrir les us et coutumes de cette période qu'on appelle le bon vieux temps

Les sobriquets

Dans le bon vieux temps, les sobriquets étaient très courants.   Il s'agissait dans la plupart des cas de diminutifs précédés de l'adjectif Ti (petit).  Quand on parlait de Théophile, on disait Ti-phile, Edmond devenait Ti-mond.  Mais il arrivait souvent que des surnoms étaient donnés par un parrain ou un aieul.  A l'époque, les vieux se donnaient à leur enfant en échange d'un contrat leur assurant nourriture, vêtement et logement dans la maison paternelle jusqu'à leur mort.  Très souvent, l'aieul donnait des sobriquets à ses petits enfants.  Pour lui, c'était une marque de tendresse.  Ces surnoms étaient variés: Beau blanc, Ti-Lou, Ti-frère, Ti-noir etc... mais il arrivait que certains des surnoms accolés à des enfants, étaient de mauvais goût: Bout-de-cul, chevreuil, le nègre, marteau, pitou, dada etc... Dans plusieurs paroisses il existe encore des gens, voire des notables, qui portent encore le surnom qui leur a été accollé lorsqu'ils étaient enfants.   Et même dans certains cas, personne ne connait leur véritable prénom.

Les jurons au Québec

Sacrer, c'est utiliser en vain le nom de Dieu ou des noms d'objets liturgiques. Jadis, dans les chantiers les bûcherons étaient plus portés à sacrer et quand ils revenaient dans les paroisses, au printemps, ils se faisaient pointer du doigt par les habitants qui ne sacraient jamais. Au Québec, surtout en province, jusqu'au milieu du vingtième siècle, des campagnes anti-blasphème étaient organisées. Les ainés se souviennent encore de ces images représentant le Sacré-Coeur et portant l'inscription « Ne me blasphèmez pas ». Ces pancartes étaient affichées bien en vue dans les endroits publics: bureau de poste, banque, boutique de forge, moulin à scies et surtout au magasin général qui était le rendez-vous des hommes du village. Devant cette propagande contre le sacre et le blasphème, les villageois inventèrent de nombreux jurons qui étaient des déformations de noms d'objets sacrés: batêche, bataince,bon-yeu, câlipisse, cibole, calvaisse, calvette, tabarnouche, tabarouette,viargerette . De même l'adjectif « maudit » était très grossier pour qualifier une personne parce qu'une personne maudite était repoussée par Dieu en personne. On utilisait donc des déformations comme mautadit, mausesse, maudine . Quant aux habitants qui cultivaient la terre, ils ne sacraient à peu près jamais. Ils usaient quand même de joyeux jurons qui parfois étaient des trouvailles personnelles: bondance, banal, chien de mer, torvisse, tornon, câline de binne, morue etc...

L'eau de Pâques

L'eau de Pâques était généralement puisée dans un ruisseau et, selon la croyance, cette eau avait des propriétés curatives exceptionnelles.  Les vieux disaient que cette eau pouvait guérir les maladies de la peau et que celui qui en buvait une «tassée» directement de la source, le matin même de Pâques, n'attraperait pas de maladies graves pendant un an.  Chez les habitants, le père ou l'ainé de la famille se levait tôt le matin de Pâques, avec «la barre du jour» et allait recueillir le précieux liquide.

Le quêteux

Le quêteux faisait sa tournée presque toujours aux mêmes périodes de l'année, s'arrêtant à chaque porte et demandant la charité pour l'amour du Bon Dieu.  Généralement vêtu de haillons, il transporte sa poche sur le dos et s'arme d'une canne faite d'une branche d'arbre pour se protéger des chiens peu sociables.  Il mange et dors chez les habitants ; Et même certains lui ont aménagé un banc du quêteux .  Quelque fois, il dormira sur une peau de cariole ou un tapis près du poêle.  Dans certains rangs on reçoit le quêteux comme un rapporteur de ce qui se passe en dehors de la paroisse, et son hôte ira jusqu'à inviter les voisins pour une soirée.  Bon raconteur, le quêteux entretient les habitants de nombreuses nouvelles et anecdotes recueillies sur son chemin.  Le métier de quêteux était encore pratiqué dans certaine régions du Québec, dans les années quarante.

Les habits du dimanche

Jusqu'aux années 1960, le dimanche était la journée du Seigneur. Tous les habitants et les villageois devaient aller à la messe sous peine de péché mortel. Et on ne se présentait pas à l'église habillé n'importe comment. Les hommes devaient mettre leurs habits du dimanche et les femmes devaient porter des vêtements sobres, robes à manches longues et chapeaux montés d'un voile qui descendait sur le visage. On disait des paroissiens, qu'ils étaient endimanchés . L'église était la maison de Dieu et il n'était pas question de s'y présenter en habit de tous les jours. C'eut été un manque de respect grossier. Dieu exigeait l'habit avec chemise blanche et cravate. Notre-Seigneur et la Vierge Marie étaient des anoblis de Dieu et n'entendaient pas se faire tutoyer. C'est ainsi que se propagea l'expression «mettre ses habits du dimanche». Le dimanche, jour du Seigneur, on s'endimanchait pour toute la journée.

Le magasin général

Chaque paroisse avait au moins un magasin général à partir du début du 19ième siècle. Dans ce magasin, on vendait de la nourriture, des vêtements et des articles ménagers pour accommoder les habitants. Le local était entouré de tablettes étalant la marchandise et d'un grand comptoir sur lequel il y avait une balance et parfois des gros bocaux de verre contenant des friandises. Le magasin général était le rendez-vous des hommes du village qui s'y rencontraient chaque soir pour bavarder ou pour jouer aux cartes ou aux dames. Dans certains villages, le magasin général servait de salle de réunion pour le conseil municipal. Le marchand général était considéré comme un notable de la paroisse. Il devait être financièrement capable de supporter le crédit des habitants qui n'avaient pas toujours l'argent disponible pour payer leurs achats comptant, et souvent, il devait accepter des paiements en nature (viande, sirop d'érable, bois de chauffage etc...) Dans plusieurs villages du Québec, les magasin généraux survécurent jusqu'aux années 1960 alors qu'ils furent graduellement écrasés par les grandes surfaces




Source: Le village virtuel des 50 et plus
http://www.villagevirtuel/copains
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