Dessine-moi un souvenir

Le temps s’éparpille inutile
il n’est plus seul à pleurer ses images.
Il pose soudain ses mains sur mes rêves
les enferme dans les couleurs
là-bas au passage du vent.

Durant la nuit
les vertiges du vide incertain
des printemps de vacances
agitent les corps coquillages.

À l’abri des nuages trop gris
et des gestes en gestation
des étreintes aux mille visages
suffoquent
telle une souffrance à l’envers.

Je me souviens
de ses yeux en veilleuse
captifs d’une absence qui s’ombre.
Je me souviens
de ces sombres clairs-obscurs
qui se plissent et qui sombrent
dans un sourire triste
à l’ombre d’un baiser.

Je suis hanté
par le soleil qui retient le jour
dans ma fenêtre.
Je suis hanté
par la blessure torride de la nuit
à l’instant où je goûte
l’odeur de la rosée de l’aube
avec des rires plein les mains.


©Marcel Lemoyne


Extrait du livre LES CRIS QUI SE TAISENT
Les Éditions pour tous




Source: Le village virtuel des 50 et plus
http://www.villagevirtuel.com/copains
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