Elle...

     Elle se dit femme de tête entêtée

     même si ses rétines grisonnent

     à son corps fatal elle tient tête

     est-elle tombée sur la tête?

     ses nuits sont cloîtrées comme son visage

     dansent ses yeux en un long tête-à-tête. 


     De bouche à oreille

     ses nuits sont généreuses

     elle aspire son attente

     comme une bouche d’aération

     sur sa chair elle fait la fine bouche

     et se fige la couleur de ses âges. 


     Elle risque de se rompre le cou

     au contact de ses matins chagrins

     où le gris coucou parasite son sang sain

     prend presto ses jambes à son cou

     chaque caresse est gesse esseulée

     sa fuite fatiguée se jette à son cou. 


     Elle s’agenouille à bout de bras

     et bras dessus bras dessous avec ses désirs

     elle tombe à bras raccourcis

     sur ses songes griefs aux bras ouverts

     à ses matins saturés d’orages

     elle fait un bras d’honneur. 


     Elle ose ramper à plat ventre

     sur ses doigts qui nichent dans la nuit

     elle franchit ses replis ventre à terre

     sa respiration qui déchire ses os cossus

     elle n’a rien dans le ventre mais

     la rumeur veut qu’elle prenne du ventre. 


     Elle meurt de tout son cœur

     et son cœur me va droit au cœur

     les îles blessées se noient à cœur ouvert

     le vent veille sur ses cheveux au vent

     la lune a gravé son nom sur son cœur

     à la croisée des voix apprises par cœur. 


     Elle fuit à toutes jambes

     le griffon qui lui a tiré dans les jambes

     elle a pris ses jambes à son cou

     pour séduire le corps du délit

     elle est prête à défier le froid facile

     en faisant des ronds de jambe.  

©Marcel Lemoyne


Extrait du livre LES CRIS QUI SE TAISENT
Les Éditions pour tous




Source: Le village virtuel des 50 et plus
http://www.villagevirtuel.com/copains
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