Des oiseaux nus
J'écris les mots des méandres de la mort
avec de charnelles lettres couchées.
La feuille sans vie sonne le glas
de la branche anémique saignée à blanc.
L'eau caresse le seuil de l'odeur dormante,
pétrit l'écorce à la douceur des seins
dans les draps du vent traquant les formes
d'une ombre à la dérive des rêves dressés.
Son sommeil sonore altère le rire
qui parle bas dans la mare tout près.
Sa main altière tel un bateau de papier
aborde la lèvre béante de l'absence.
La vie surgit à nouveau au-delà des ombres,
loin des orages au goût des rivages d'or,
la vie rouge sang imprime de ses doigts
des oiseaux nus dans ses yeux de feu.
©Marcel Lemoyne
Extrait du livre LES CRIS QUI SE TAISENT
Les Éditions pour tous
Source: Le village virtuel des 50 et plus
http://www.villagevirtuel.com/copains
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