Le soleil de ma nuit

     Le soleil et le soir s’enlacent
     Et dans l’onde tout entière
     Ils se partagent l’eau et la lumière
     Où se noient les rouges violacés,
     Corps de solitudes toutes blanches. 

     La naissance de ma nuit est reportée.
     L’angoisse du soir frileux
     Gagne les flâneurs et leur lassitude.
     Allumer des bouquets de feux
     Sur mes lèvres entrouvertes. 

     Je la vois, la nuit me tend la main
     Et ses lumières s’effilochent peu à peu.
     Entre ses dents, elle serre des murmures
     Tel un disque aux couleurs disloquées
     Le désespéré se remet à espérer. 


©Marcel Lemoyne


Extrait du livre LES CRIS QUI SE TAISENT
Les Éditions pour tous




Source: Le village virtuel des 50 et plus
http://www.villagevirtuel.com/copains
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