Conclusion et épilogue
Survol de ce que je suis devenue
Sans l'équilibre qui existe entre ma santé physique et ma santé mentale, j'aurais sombré. J'aime m'imposer une discipline dans l'organisation et dans ma méthode de travail. Je me fais un cadeau tous les jours, sans accumuler trop de retard dans mes projets, et il m'arrive d'en abandonner par manque de motivation.
Je réussis à trouver du temps pour me recueillir par des lectures, pour réfléchir, pour me reposer en profitant du silence et en accueillant ma solitude. J'ai découvert un merveilleux cadeau par cette méthode d'abandon.
L'hiver, le ski de fond et la marche, la pétanque, les quilles, la lecture, l'écriture et, depuis peu, la peinture, sont mes passe-temps favoris.
À quelques reprises, autrefois, j'ai participé à des activités sociocommunautaires telles la fondation d'un Conseil de pastorale, la mise sur pied d'une guignolée. J'ai aussi été responsable des rencontres de couples S.O.F. (Service d'Orientation des Foyers), membre du Comité d'entraide aux démunis, membre de Conseil d'administration dans les services en centre pour femmes à différentes vocations. J'ai même fondé, avec une équipe, l'action syndicale dans mon premier emploi lorsque je suis retournée sur le marché du travail (ce qui m'a valu des déboires en 1976).
Je me suis recyclée par des sessions de formation et par des cours académiques dispensés le soir, en gestion, en organisation socioculturelle et communautaire au cégep et à l'Université du Québec, tout en travaillant le jour. Le système D était parfois défaillant.
À ma retraite, les voyages se sont succédé de 1995 à 2000. J'ai visité l'Australie, la Nouvelle-Zélande, Tahiti, l'Italie et Rome, et la Tunisie, que j'ai beaucoup aimée. Les provinces maritimes puis l'Alaska, une bonne partie du Québec jusqu'en Haute-Côte-Nord.
J'ai appris, mais si peu. Je reviens toujours avec la nostalgie de ne pas avoir tout savouré et à chaque retour, je me sens ignorante. Il y a tant à voir et tant de façons de s'apprivoiser aux différentes cultures. Le Canada, terre de liberté, c'est ce que je me dis à la fin de mes voyages.
Lorsque j'ai visité l'Espagne et le Portugal, j'ai apprécié les grandes oeuvres gigantesques des peintres à travers les siècles. J'ai fait connaissance avec l'architecture espagnole et j'étais ébahie devant les mosquées et les cathédrales.
Mes talents littéraires et artistiques sont limités. À la base des dons que j'ai reçus, le sens des valeurs humaines m'est précieux. J'ai lu beaucoup sur la psychologie, ce qui me fut précieux pour temporiser mes préjugés et comprendre tout ce monde qui m'entourait : conjoint, enfants, amis et amies, personnes perturbées et celles éprises d'une maladie mentale.
L'humour est un don, la foi est un don, croire en moi est un don, savoir donner est un don, la vie est un don. Apprendre à recevoir est un don, s'abandonner au moment présent est un don, faire confiance est un don.
Mes talents prédominants sont difficiles à cerner. Il est vrai que cuisiner, coudre et prendre bien soin de mon intérieur sont des préoccupations routinières, mais j'aime aussi travailler à l'extérieur de la maison sur le terrain, jouer dans les plates-bandes et regarder pousser et repousser la nature.
Tous les talents, tous les dons que j'ai reçus ou acquis ne m'ont pas conduite vers un jardin de roses à tous coups. Il m'a fallu en payer le prix, parfois à cause de mon franc-parler ou pour trop de générosité. Un jour, une association m'a remerciée d'être trop généreuse pour une famille pauvre.
Et d'avoir été militante syndicale dans les années 70
m'a fait perdre un poste que j'adorais.
Ma mission dans les comités rattachés à notre Église en fut une de déception. Sur l'évolution de la femme au sein du diaconat et de la prêtrise, je crois que notre Église est une Église d'hommes conçue pour l'homme. Nous les femmes, nous sommes des personnes en devenir peut-être. Je l'espère.
Épilogue
De m'être remémoré quelques parties de ma vie pendant sept années m'a demandé patience et volonté. Reprendre mes textes et les réécrire, me culpabiliser, ne pas tout dire ou en dire trop, survoler ma vie comme les pas d'un tango, tantôt sur terre, tantôt dans les nuages pour ne pas trop souffrir, me laisser conduire vers un naufrage pour mieux me laisser rescaper par la vie, revenir vers mon être en entier pour l'accepter tel qu'il est avec mes forces et mes faiblesses…
Tous ceux que j'ai aimés et ceux que j'aime toujours sont demeurés vivants à travers mes souvenirs. Grâce à eux, j'ai revécu mes émotions positives et négatives et je conserverai ces êtres en mémoire éternellement.
À mes enfants qui connaîtront un peu plus leur mère.
À mes petits-enfants qui se retrouveront quelque part à travers moi, leur ancêtre.
À mes frères et sœurs dont l'apprentissage de la vie m'a aidée à traverser le mien.
À mes loyaux parents, Joseph et Armoza, ces êtres que j'ai peut-être choisis un jour et qui m'ont inspiré le courage et la persévérance.
Toutes ces personnes m'ont portée vers l'aventure d'écrire ma biographie.
Je veux qu'ils demeurent dans la mémoire de mes descendants et de leurs racines.
Je remercie madame Danielle Normandin, professeure de littérature à l'Université du Troisième Âge de Sherbrooke. Cette personne m'a inculqué le goût d'écrire ma vie dès les premiers cours dispensés à la Maison L'Essentielle.
Je tiens à remercier spécialement les animatrices Gisèle et Francine, de l'atelier J'écris ma vie, ainsi que toutes les personnes participant à l'atelier. Ces exercices, semaine après semaine, ont amplifié mon goût d'écrire et j'y ai retrouvé du courage pour poursuivre mon œuvre.
Avec toute ma reconnaissance, car ces personnes m'ont encouragée à poursuivre mon objectif d'écrire ma vie. Merci!
Source: Le village virtuel des 50 et plus
http://www.villagevirtuel.com/copains
Bibliothèque virtuelle