Ma vie de femme seule continue
Comme pour toutes les femmes seules, les invitations sont peu nombreuses. En effet, les gens seuls sont rarement invités par des couples, nous n'avons pas notre place auprès d'eux. Et pourtant, lorsque j'étais en couple, c'était différent… Avec Marcel, les invitations étaient fréquentes. Je ne souffre pas de solitude puisque je m'organise avec peu de loisirs et quelques sports.
Je me plais dans ma nouvelle découverte de la peinture. Puis, écrire ma biographie me resitue dans ma vie. Mes personnages revivent dans ma mémoire; il m'arrive de ressentir mes angoisses, mes peines, mes frustrations et mes joies. Je me suis revue à chaque étape de ma vie, de l'enfance à la vieillesse.
À travers mes voyages, j'observais des couples, tous différents les uns des autres, et probablement moins bien parfois que celui que j'avais formé à vingt-quatre ans.
La solitude ne me pèse pas. Entourée à l'occasion de mes enfants et petits-enfants, je jubile de bonheur dans ces moments-là. Mes amies et amis sont précieux et les rencontres agréables. Moins fréquentes qu'autrefois puisque d'autres couples se sont dissous, soit par la mort soit par la séparation.
Je m'imagine voyager pendant encore quelques années, peindre des toiles mémorables et choisir le moment de quitter cette terre avec autant de joies qu'il m'est arrivé d'en vivre depuis le début de ma retraite active.
Ma généalogie du cœur
Retracer mes ancêtres afin d'y reconnaître des caractéristiques inconnues me fascinait quand j'ai commencé ma biographie. Un défi de taille, accompagné de difficultés géographiques, ont eu raison de ma persévérance.
Je confie allègrement ces recherches à mes descendants qui, je l'espère, poursuivront mes quelques démarches sur la généalogie des Landry et Grégoire ainsi que celle des Shea et des Champagne.
Je considère ma généalogie du cœur tout aussi importante. De ma propre famille, je retiens et conserve des caractéristiques bien différentes. Je me suis approprié celles qui me convenaient et avec lesquelles je me sentais heureuse et à l'aise.
Les valeurs reçues de ma famille immédiate sont bien différentes de celles que j'ai développées dans mon vécu personnel. Il en sera ainsi pour mes descendants. Je peux faire un lien entre les traits physiques de ma propre famille et ceux de mes enfants et, à l'occasion, les traits caractériels ressortent et ça me plaît de reconnaître l'un ou l'autre personnage de mes ascendants ou frères et sœurs. Un prolongement normal.
Chacun de mes enfants a établi ses propres valeurs et critères à son image et à ses besoins. Il en est bien ainsi. Ma richesse humaine, aujourd'hui, c'est de côtoyer mes enfants et mes petits-enfants et d'apprendre à les connaître et reconnaître dans leur identité propre.
En pensée, je lance des bouteilles à la mer adressées à chacun d'eux en guise de reconnaissance pour ce qu'ils m'ont apporté et ce qu'ils m'apportent par leurs propres enfants.
Des mercis et des «je t'aime»
Christiane, merci! C'est par toi que j'ai connu l'apprentissage d'être mère. Ta franchise et ta détermination m'ont chavirée de joie, tu m'as toujours bien impressionnée. Je t'aime
Manon, merci! Tu m'as fait comprendre le sens de la vie à ta naissance, le pourquoi de ta présence auprès de moi, envers et contre tout. Une lumière dans la nuit. Je t'aime
Où que tu sois, sache que tu as préparé mon cœur à la séparation d'un être aimé: TOI.
Je t'aime toujours!
Patrick, merci! Pour m'avoir consolée dans mon grand vide et pour avoir exercé ma patience et mon omniprésence dans tous tes moments exubérants. Je t'aime.
Sylvain, merci! Pour toute l'affection que tu me portais. Pour ta persévérance dans tes découvertes qui m'émerveillaient même dans mes dérangements. Je t'aime.
Kathleen, merci! Pour t'être accrochée à moi et à la vie afin de me faire réaliser ton importance à mes côtés. Source de compréhension et de consolation dans les grandes noirceurs de ma vie. Je t'aime.
Voilà ce que j'écrirais spontanément dans une bouteille lancée à la mer... Il me faudrait des bouteilles géantes pour y noter certaines anecdotes drôles et tristes, mais ils sont maîtres de leur destin maintenant. Je m'abstiens d'intervenir.
Ils se prolongent dans leurs enfants, cette double richesse dans ma vie. Je les revois en eux comme une double naissance. Je suis émerveillée devant mes petits-enfants, soit par leur ressemblance physique ou caractérielle.
Source: Le village virtuel des 50 et plus
http://www.villagevirtuel.com/copains
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