Retraite et voyages
Ma retraite active
Vivre mon deuil pendant deux ans comme une recluse et figée dans mes souvenirs. J'espère le bien-être du cœur. Décider de repartir en voyage seule m'est pénible. Je choisis de concrétiser un rêve de toute une vie.
Anecdote : dans ma maison, au-dessus de ma planche à repasser, j'avais placé la carte du monde et encerclé la Polynésie, Tahiti. Pour moi, c'était rêver en repassant pour faciliter cet exercice peut-être trop routinier.
Je suis en 1995 et je décide de faire ce voyage. Nouvelle-Zélande, Australie, Polynésie, 26 jours. Durant cette même période, je retrouve sur ma carte l'endroit que j'avais encerclé depuis près de vingt-cinq ans, Tahiti. On dit que c'est avoir de la suite dans les idées. Poursuivre un rêve avec confiance, revoir le chemin de notre vie qui nous amène à notre rêve… pas toujours facile, mais combien enrichissant de faire le point.
Nouvelle-Zélande - Australie - Polynésie
Nous partons en octobre pour un voyage organisé. Ma compagne Rita, que j'ai rencontrée à l'agence, est agréable à connaître et c'est avec elle que je partage ma chambre. Elle a beaucoup voyagé et tout est facile avec elle. Nous rions et nous nous amusons beaucoup. Dans le groupe de 22 personnes, il y a dix femmes et cinq hommes qui sont seuls.
Certains sont célibataires, d'autres mariés. Tous bons copains, il est agréable de se retrouver et d'échanger à l'heure du souper. «Que c'est beau la Nouvelle-Zélande!» dit-on unanimement.
Un monsieur en particulier nous tient plus souvent compagnie. Il confie à certains ses déboires conjugaux et avoue être en instance de divorce.
Plus près de moi que des autres, je finis par en apprendre beaucoup sur cet homme. Il a voyagé souvent en Asie et il adore en parler. Sur le catamaran qui nous amène à la Barrière de corail en Australie, il ose un peu m'apprivoiser.
Durant la traversée, un sous-marin miniature nous descend dans les coraux pour admirer la flore et les espèces vivantes de la mer. Spectacle grandiose sous nos yeux! Une journée superbe pour voguer vers une île déserte, là où nous pouvons faire de la plongée ou taquiner les bords de mer. La baignade, à travers des milliers de spécimens marins, se passe en cris et en joies. Nous sommes tous enchantés de cette belle excursion tout à fait inoubliable.
Parfois, cet homme (que je nommerai Mario) et moi nous retrouvons seuls à jaser, assis sur un banc à admirer la mer ou à marcher ensemble lors des randonnées touristiques. Un soir, à Christ Church, nous partons tous deux vers le centre-ville. Sous un lampadaire anglais, nous nous sommes embrassés. Doux baiser au goût de miel.
Une sorte de chimie venait de prendre forme entre nous. Un homme en instance de divorce ne doit pas retenir mon attention. C'est ainsi que je raisonnais lorsqu'il est parti, une semaine avant nous; il ne se joignait pas au groupe pour la Polynésie.
Je me sentais libérée après son départ; j'avais l'impression d'une simple rencontre furtive et je ne désirais pas donner suite. En Polynésie, nous sommes demeurés cinq jours à vivre le farniente. Dans notre petit chalet sur pilotis à toit de chaume, c'était le bonheur avec ma compagne Rita.
Une charmante et sociable personne devenue une précieuse amie, cette Rita. Toutes les deux, nous avons eu un plaisir fou durant ce voyage. J'avais un grand besoin de rire et de profiter au maximum des plaisirs, grands et petits. Un voyage qui a contribué à me sortir lentement de mon deuil. Ma vie de femme seule se dirigeait vers des jours meilleurs.
Ma route de retraitée est insondable.
Source: Le village virtuel des 50 et plus
http://www.villagevirtuel.com/copains
Bibliothèque virtuelle