Le choc, le chic et le chèque
Pour l'être fragile que je suis devenue, comment ne pas succomber et pourquoi pas, qu'ai-je à perdre?
Le choc: rencontrer Marcel, c'était le coup de foudre
Le chic: oui, c'était un chic type
Le chèque: oui, il m'a choyée et j'ai apprécié.
De 1988 à 1993, de bien belles années qui commencent et qui seront trop courtes, hélas! Il m'est arrivé de regretter ne pas avoir vécu à ses côtés pendant ces cinq années. Nous avons fait plusieurs voyages ensemble. Nous étions des âmes sœurs, notre façon de nous comporter et d'apprécier s'harmonisaient bien. Nous avons beaucoup ri et partagé notre vécu. Il aimait me faire des surprises agréables et il me surprenait toujours par sa jovialité et son enthousiasme à profiter des bons moments.
Généreux, il cherchait à me protéger financièrement et, loyalement, il faisait la part des choses. Après le décès de mon ex-mari, il aurait aimé que nous vivions ensemble. Je travaillais toujours et je désirais conserver mon autonomie. J'étais plus à l'aise avec mes enfants et ma vie en solitaire me plaisait. Égoïste et sans regrets de l'être, j'en avais bien besoin de cette tranquillité d'esprit.
Durant l'été 1992, nous sommes allés en Colombie-Britannique pour deux semaines avec des amis, en voyage organisé. Marcel a ressenti certains malaises et ça semblait être rentré dans l'ordre de septembre à février.
Une mauvaise grippe est diagnostiquée en mars et il apprend qu'il fait une pneumonie; les examens médicaux sont formels : il a un cancer des poumons et quelques mois à vivre. Il est décédé le 8 août 1993.
Un autre deuil à porter seule. Qu'il est difficile de ne plus avoir un conjoint à aimer.
Suis-je faite pour la vie de couple… moi? Marcel dira quelques heures avant de partir: «J'ai eu une belle vie, bien remplie, et je suis heureux de la quitter aussi rapidement.» Courageux Marcel, je porterai ton courage et tu me porteras ici-bas.
Le chemin vers la retraite
Après le départ de Marcel, la deuxième partie de ma vie arrivait à grands pas. Depuis deux ans, je travaillais à des travaux légers à l'hôpital depuis ma blessure à l'épaule. Mes prestations d'assurance maladie expiraient, et ne pouvant plus poursuivre ma tâche, je devenais éligible aux assurances à long terme du système hospitalier. Une sévère évaluation s'impose et je suis acceptée.
On m'offre l'avantage de me retirer du travail à 60 ans, avec évaluation médicale pendant cinq années consécutives. Je demeure une employée protégée jusqu'à 65 ans.
Nous avions, Marcel et moi, acheté une propriété ensemble et cohabité pendant quelques années à temps partiel, soit en banlieue de Montréal, soit à Québec. Il avait signé des formulaires de pension en ma faveur et je devenais éligible comme conjoint de fait. Ce fut une surprise incroyable et inattendue quand j'ai vu qu'il me reconnaissait comme sa compagne de vie égalitaire. Un événement qui me plaçait à l'abri des soucis financiers jusqu'à la fin de mes jours. Ne plus me soucier des fins de mois était tout nouveau pour moi.
Le personnage me manque énormément encore après dix ans. En me taquinant, il disait souvent: «N'en cherche pas un autre comme moi, le moule est brisé.» Il avait raison, je ne trouve pas l'équivalent. Merci Marcel pour nos trop courtes années.
Source: Le village virtuel des 50 et plus
http://www.villagevirtuel.com/copains
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