Déchirements du divorce
Sensation de bien-être et de reconnaissance envers
moi-même
Légère et seule à bord de mon bateau
Gérer mon budget et prendre mes propres décisions
Me retrouver comme personne et comme femme surtout
Vivre l'espérance d'un temps nouveau et différent
Conserver mon autonomie et mon travail
Vivre pour moi jusqu'à ressentir l'égoïsme monter
Voilà mes sensations de liberté.
Séparée, non divorcée durant trois ans, je m'accommode de ce titre, mais pas la banque lorsque je demande une hypothèque pour l'achat d'une maison. Mon salaire et mes biens ne conviennent pas et on exige la signature de mon mari. «Quelle aberration!» me dis-je. Mais non, c'est la loi, dit-on à l'époque. Alors, d'un commun accord, nous avons divorcé comme nous avions vécu: dans le silence.
Libérée et déchirée (quel paradoxe!), le doute surgit à la moindre occasion. Ai-je fait les bons choix? Que pensent mes enfants? Me jugent-ils? En sont-ils malheureux? Puis mes petits-enfants grandiront sans voir leurs grands-parents ensemble et ainsi de suite. Mille questions, peu de réponses.
La vie se chargera de me les donner, ces réponses, car toute occasion de rencontre familiale (un mariage, une naissance ou une fête quelconque) me donne l'opportunité de retourner aux sources et de repenser aux avantages du cocon familial, aussi difficile fut-il.
Un certain deuil était fait depuis longtemps dans mon couple, mais toutes rencontres avec les miens réunis devenaient des occasions de remise en question. Ai-je bien ou mal fait? Ma seule consolation, c'était de réaliser que moi, je me sentais bien et heureuse et que c'était pour les autres que je souffrais. Vivre trente ans avec une même personne ne s'efface jamais; tous les repères familiaux sont présents constamment. Il y avait un prix à payer auprès des miens, dans ma propre famille ou dans ma belle-famille; je ressentais ce poids…
Tous ont droit à leurs opinions ou préjugés et tous n'ouvrent pas facilement la porte, encore moins si un nouveau personnage me tient compagnie à l'occasion.
Le temps est le meilleur allié et il fait bien les choses. Il est nécessaire et il contribue à temporiser les tensions et les émotions. Merci le temps.
La vie est un boomerang
Comment y échapper quand un matin, dans mon département, un patient portant le même nom que mes enfants est alité et mi-confus par sa maladie. Son système rénal est attaqué; rien ne va plus et la médecine mise sur la dialyse pour prolonger ses jours. Je suis là à le servir et à l'observer, impuissante devant la réalité. Je tente une dernière approche avec son médecin pour des traitements plus approfondis.
Je l'accompagne en ambulance vers un autre centre hospitalier, là où on tentera peut-être la dialyse. Les enfants tiennent envers et contre tout à cette tentative. Un néphrologue sympathique accepte, contrairement à ses confrères. Une polémique controversée intervient entre eux, ce médecin empathique à la cause de mes enfants a permis à leur père une prolongation de huit mois.
Une coïncidence circonstancielle m'a permis d'être la seule à le voir partir. Mon fils Patrick, le dos tourné, ne l'a pas vu mourir. Mes enfants et moi avons entouré le lit en nous donnant la main et avons récité ensemble le Notre-Père.
Toutes les circonstances entourant sa mort nous ont permis de nous réconcilier, de nous pardonner et de nous quitter harmonieusement.
Bernard avait participé à la chorale de sa paroisse depuis qu'il vivait seul. Sa bonne amie Denise l'accompagnait régulièrement dans ses activités. Heureux avec elle, leurs goûts en commun se complétaient. Cette personne l'aimait beaucoup et c'était réciproque. Elle s'est occupée de lui jusqu'à sa fin et elle l'a supporté sans relâche durant sa maladie.
Lui dire: «Merci Denise» fait partie de mes mémoires. Dire que j'ai apprécié cette rencontre avec mon mari d'autrefois serait trop facile. Une tierce personne lui vouait attention et reconnaissance. Non, j'ai souffert dans mon ego, car je croyais que moi seule méritais d'être heureuse après la vie difficile des vingt dernières années. Comme si lui devait souffrir à son tour d'être seul. Le Seigneur l'aimait tel qu'il était et Denise aussi. Voilà ce que j'ai compris. La vie est un boomerang.
Source: Le village virtuel des 50 et plus
http://www.villagevirtuel.com/copains
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