Entre rêves et réalités
Le marché du travail
Je l'ai déjà dit, je rêvais de devenir infirmière. Étant enfant, je jouais ce rôle avec une coiffe et un tablier tout en sachant qu'il me serait impossible d'y parvenir un jour, car je ne voyais pas comment j'y réussirais financièrement. Mon rôle de fille de table, de femme de chambre et de femme de ménage dans l'hôtellerie de campagne m'allait plus ou moins. Travailler de dix à quinze heures par jour était une journée ordinaire et être l'unique employée était castrant.
Ce que je trouvais agréable, c'était le contact avec les gens et la reconnaissance que j'en retirais parfois. Je me plaisais surtout dans le service aux tables, comblée par son côté social. J'ai beaucoup appris avec ma belle-sœur sur les tâches à remplir dans le milieu de l'hôtellerie. Elle était exigeante et très particulière dans tous les domaines et, sans le savoir, elle préparait mon avenir dans ce domaine. J'étais à l'école de la vie et je n'avais que quatorze ans; tant de choses à apprendre et d'abnégation à assimiler.
Le Manoir Ste-Julie
Situé près de la gare, sur la route numéro 5 entre Québec et Montréal - route principale avant la construction de l'autoroute Jean-Lesage - c'était un endroit privilégié pour les touristes et les commis-voyageurs jusque dans les années 1960.
Depuis les années 1875, construit dans le style canadien à l'état brut, ce manoir imposait par sa stature dans ce petit hameau. Sa construction en larges blocs de ciment raboteux donnait une profondeur aux murs plâtrés massivement. Les fenêtres étaient habillées de persiennes intérieures. Les allèges mesuraient deux pieds de profondeur, c'était l'endroit idéal pour y disposer plantes et bibelots. Lorsque j'y ai vécu, on lui donnait environ cent ans. Malheureusement, je n'ai jamais eu accès à l'historique de ce manoir.
Mais je suis en mesure d'expliquer en partie la vocation de ce bâtiment à ses débuts. Les pionniers ont logé dans cette résidence au moment de la construction du chemin de fer du Canadien National. Il a peut-être été habité par un seigneur de l'époque ou un intendant en construction avec ses domestiques.
L'entrée principale reflétait la prestance des habitants des lieux. Un immense foyer en pierres grises servait à lui seul à réchauffer ce grand boudoir (hall d'entrée). Les fauteuils en velours rouge, capitonnés de languettes de cuir, y étaient placés au carré avec des tables massives en bois. Les porte-manteaux, porte-parapluies, crachoirs, tout était disposé sur un grand tapis rouge de style persan… peut-être.
Au premier étage se trouvaient de spacieuses chambres et, au deuxième, de toutes petites chambres coupant le toit en deux dimensions. Ces chambrettes, sans lavabo, avec salle de bain commune, logeaient sans doute les domestiques. À l'arrière du manoir, une grande salle à manger panoramique faisait toute la longueur de la maison. Cette pièce avait été ajoutée à la construction initiale par des propriétaires subséquents.
Cette salle à manger avait vue sur la voie ferrée. Les trains de passagers et les convois de marchandises devenaient un attrait touristique pour notre clientèle.
La gare étant voisine du Manoir, les occupants avaient l'opportunité de voir le départ des trains de passagers au ralenti. Parfois, nous échangions des sourires avec des passagers que nous connaissions, nous les saluions en agitant un foulard à travers les fenêtres ouvertes et nous leur envoyions même des baisers d'au revoir. C'était très typique et très agréable.
L'été, notre clientèle préférée était celle des Américains qui voyageaient entre l'Oratoire Saint-Joseph et Sainte-Anne-de-Beaupré. Ils adoraient visiter ce manoir et mon patron leur servait de guide. Il leur donnait l'information connue concernant la vocation ancienne de ce domaine.
Plusieurs d'entre eux faisaient relais, souper, coucher et déjeuner inclus. C'était très payant au dire de mes patrons et j'avais avantage à redoubler d'ardeur dans mon service. Moi, petite campagnarde, je découvrais le monde américain et j'adorais cela.
J'ai des souvenirs assez remarquables des samedis soir, durant les mois d'hiver. Je me souviens des clients, assis autour de la table dans la grande cuisine du Manoir, faisant honneur à la bière Black Horse, Frontenac, Dow ou Molson, en écoutant religieusement le hockey à la radio. La télévision n'était pas encore en service en ce temps-là. L'effervescence de ces samedis soirs réchauffait les esprits et les paris sur les performances du Rocket étaient le clou de la soirée. Sur la glace du forum évoluaient les Toe Blake, Elmer Lach, Maurice Richard, Butch Bouchard, Boum Boum Geoffrion, Terry Sawchuk et autres joueurs du club des Canadiens de Montréal. Clarence Campbell était le président de la ligue. Le commentateur pour Radio-Canada était Michel Normandin.
J'ai découvert le hockey à la radio avec ces gens-là. C'est parmi ces partisans que j'ai vu mon Claude pour la première fois. Comme il avait déjà assisté à des parties au Forum de Montréal, il informait les autres sur le jeu. Il était le plus instruit et le plus beau aussi. Lui-même jouait dans l'équipe locale.
C'est dans le grand salon de ce manoir que mon premier grand amour prit naissance. Claude jouait du piano et, après le hockey, les plus intimes parmi la clientèle se retrouvaient au salon. Un soir, nous n'étions plus que nous deux. Je l'écoutais attentivement en regardant ses doigts virevolter de gauche à droite sur les notes.
Veux-tu essayer? me dit-il. Je vais t'apprendre.
- Ah non! répondis-je. Je ne m'y connais pas du tout.
- Assieds-toi, dit-il, c'est facile, je vais t'apprendre.
Debout derrière moi, penché près de mon épaule droite, il chuchote des airs concordant avec les notes. Son odeur et sa prestance troublent la jeune fille de quinze ans qui met toute son énergie à jouer quelques notes pour celui qu'elle aime déjà en silence.
Il joue aussi sur ma fragilité. Ne ressent-il pas ma vulnérabilité face à ma pudeur mal dissimulée! Quel moment exquis pour un beau jeune homme de dix-huit ans seul avec une jeune fille bien tournée, assez jolie et aux yeux pétillants de bonheur! La leçon de piano s'est terminée sur le vieux divan ancestral tout creusé, par des corps d'amoureux, peut-être… Nous nous sommes retrouvés enlacés, dégustant notre premier baiser, celui que l'on n'oublie jamais. C'était le bonheur, ce doux frisson qui traversa mon être de la racine des cheveux jusqu'au bout des pieds. L'alarme était sonnée : c'est l'homme de ma vie.
Je ne pouvais voir Claude à ma guise et jamais sur semaine. Cependant, je connaissais assez bien ses allées et venues. Alors, je montais au deuxième étage dans une chambre - très froide, cet étage n'étant pas chauffé - et je surveillais de longs moments pour le voir passer dans la rue avec ses patins accrochés aux épaules. Je n'ai plus jamais aimé ainsi.
À l'automne 1948, les Lajoie vendent le Manoir et acquièrent une maison de chambres à Sherbrooke. Fortement peinée de leur départ, je demeure au service des nouveaux acheteurs. J'étais si heureuse avec les Lajoie! Ils promettent de venir me chercher dès qu'ils seront installés de nouveau dans l'hôtellerie. Mais quand ? Je n'en avais aucune idée.
Il me restait Claude et ma bonne amie Marie-Paule, institutrice de rang et pensionnaire les week-ends au Manoir. Une douleur à la poitrine m'envahissait. Je l'avais déjà ressentie, cette douleur, il y avait longtemps et je pouvais l'identifier. Je perdais le goût au travail et je n'aimais pas mes nouveaux patrons. J'étais très malheureuse et je m'ennuyais de monsieur et de madame Lajoie. Une enfant qui perd ses parents! Voilà ma douleur. La même que j'avais ressentie à sept ans lorsque mon frère Alfred a quitté la maison. C'était le mal d'aimer, l'amour fraternel et l'amour envers ce couple qui m'aimait aussi; j'étais si heureuse auprès d'eux!
À cœur perdu
L'amour entrait dans mon cœur comme sur une île déserte en pleine mer. Après mes années d'adolescente en guerre, je me sentais devenir femme. J'avais l'impression d'être une extraterrestre qui descendait sur cette île par un bel après-midi d'automne.
Toute la chaleur humaine arrivait en même temps : de mes nouveaux patrons et de mon amoureux, pour être plus juste, je devrais dire celui qui me courtisait sans relâche. C'était très agréable. Si l'amour avait un nom, il s'appellerait Claude. Bien de sa personne, élégant, les yeux pers, joli garçon, dentition parfaite, une belle éducation, un peu d'instruction, sportif, enjoué et sûr de lui, d'un seul regard charmeur il m'avait conquise. Il me surnommait sa tite noire mais j'étais plutôt blonde et je trouvais cela bien cute.
J'aurais bien succombé à tous ses charmes si je n'avais écouté que mes sentiments. Je crois qu'il me trouvait charmante aussi; enfin, dans ma naïveté j'osais le croire. Après tout, s'il s'intéressait à moi, je devais bien lui plaire.
Nous allions au cinéma et allions patiner toutes les semaines. Il jouait au hockey et, pour moi, c'était un dieu sur la glace. À mes yeux, il jouait aussi bien que le Rocket et je suis devenue une fan de ce grand athlète. J'appréciais nos rendez-vous, ses douces caresses et ses baisers brûlants. C'était juste assez pour moi. Lorsqu'il jouait du piano dans le grand salon de l'hôtel, je le prenais pour Chopin. Cela n'était pas peu dire parce que je ne connaissais rien en musique, mais lui, si. Entre chaque pièce jouée, il prenait le temps de me bécoter. C'était enivrant, la plus belle musique du monde.
Mon ivresse se limitait à cela mais je ne peux pas en dire autant pour lui. Je crois que je le faisais souffrir. Je sentais ses désirs beaucoup plus audacieux. Après quelques mois, je crois qu'il s'est découragé et il a commencé à me parler de certaines filles plus faciles; ce qui amena entre nous des frictions qui me dérangeaient, mais je tenais bon et, en vain, je l'assurais que je n'étais pas de ce genre de fille.
Envers et contre mes désirs charnels, je me faisais respecter. J'en avais parfois des regrets, mais par contre, la peur d'une grossesse m'obsédait. Je savais que des jeunes filles étaient enceintes, je les plaignais et je ne voulais pas subir le sort de l'exil et l'abandon de l'enfant. J'entendais cette phrase sortir de la bouche de bien des parents : «Donne-lui tout ce qu'il veut, ensuite il t'abandonnera». Moi, je voulais le garder, mon Claude, mais je crois qu'il n'était pas homme à languir juste à me regarder. Enfin, après sept mois de fréquentations, je suis déménagée dans une grande ville avec mes patrons, après qu'ils eurent vendu leur hôtel. Ils sont retournés dans la région de Sherbrooke.
Nous avons correspondu durant plusieurs années et nous nous sommes revus à l'occasion. Il me désirait toujours, il l'affirmait plus fort, il sentait bien ma vulnérabilité. Ma patronne me disait: «Tiens bon, conserve-toi pour ton futur mari, s'il t'aime, il va te demander en mariage». Mais ça ne s'est jamais produit. Surtout que son père n'appréciait pas que son fils rencontre une jeune fille travaillant dans l'hôtellerie; il paraît que nous n'avions pas bonne réputation.
Si j'avais informé Claude de l'attitude de son père qui, parfois accompagné d'une jeune donzelle, ne se gênait pas pour passer ses mains sur les fesses et les cuisses des serveuses dès que nous approchions de la table pour servir, qu'en aurait-il pensé? Mais les comportements de la clientèle, dans notre domaine, devaient demeurer des secrets bien gardés.
Un jour que j'étais allée à la gare chercher un colis, j'ai rencontré le père de Claude qui m'a tirée fort vers lui et a voulu m'embrasser. Je me suis débattue et suis sortie de la gare en courant, le bras tout marqué. À l'époque, j'avais un problème cutané appelé dermographisme; c'est une réaction de la peau qui rougit et se tuméfie à l'endroit où l'on exerce un frottement ou une pression. J'attirais beaucoup l'attention avec ce problème qui s'est résorbé vers ma vingtième année. J'en avais presque du regret!
Je trouvais l'attitude du père de Claude malsaine. J'ai compris qu'il me convoitait comme une proie à se mettre sous la dent et, en même temps, il n'aimait pas que son fils me fréquente soi-disant parce que je n'étais pas assez bien pour ses parents.
Cette déclaration est venue de Claude, le jour où j'ai insisté pour savoir pourquoi il ne m'invitait jamais chez ses parents. Dans mon cœur, à ce moment-là, j'ai traité le père de vieux cochon.
Cette fois encore, j'ai gardé le silence sur le comportement de son père parce que je ne voulais pas détruire la confiance que Claude avait envers lui. Pourtant, j'avais une fichue bonne occasion de me faire respecter par cette famille.
À Sherbrooke, je demeurais chez mes ex-patrons. Ils avaient acheté une maison de chambres et j'y avais loué une chambre en attendant de retourner travailler pour eux dans un autre hôtel, cette fois situé à Beloeil. C'est ainsi que j'ai découvert la Vallée du Richelieu. Je suis tombée en amour avec cette région et j'y suis encore puisque je suis revenue y vivre ma retraite après une absence de trente-cinq ans.
La dernière fois où j'ai revu Claude, il s'était rendu compte que je l'aimais toujours. J'étais venue passer quelques jours chez ma sœur Blanche à Montréal et il m'avait donné rendez-vous à sa maison de pension. Il travaillait pour la fraternité des policiers. Ah! ce qu'il était beau en costume de policier! Il vit la déception sur mon visage lorsqu'il m'annonça ses fiançailles et insista pour que nous allions jaser ailleurs, dans un endroit tranquille. J'acceptai, mais où voulait-il aller? J'avais vingt ans et lui vingt-trois. Il demanda un taxi et nous allâmes je ne sais où. Nous sommes entrés dans une grande maison à la façade en briques rouges, dans un quartier pas très rassurant et je constatai que la dame le reconnut. Il lui demanda la chambre la plus tranquille. Je ressentis un pincement au cœur et j'eus une très mauvaise intuition, mais je n'avais pas peur de lui, je le connaissais si bien.
Nous entrons dans cette grande chambre très propre où se trouve un lit recouvert de satin et il commande deux bières. Inutile de m'expliquer quoi que ce soit, son jeu ouvert me déplaît énormément et me dégoûte même; je m'attendais à un salon pour jaser, tout au plus. Il avait décidé de jouer le tout pour le tout, mais malgré son insistance, je n'ai même pas enlevé mon manteau. Je l'ai regardé dans les yeux et lui ai dit: «Prends ta bière si tu veux, moi je n'en prendrai pas et dépêche-toi de venir me reconduire chez ma sœur».
Il m'a boudé, évidemment, et, même ses paroles étaient dures. Mais je le connaissais mieux et je savais que je n'aurais plus jamais d'espérance ni de confiance en ce garçon.
Je fus très fébrile les jours suivants en réalisant que j'étais passée tout près d'un précipice.
Pendant plusieurs jours, j'ai tenté de le rejoindre au téléphone. Je voulais lui dire ma façon de voir son comportement, mais il n'y avait jamais de réponse. Ce n'est que la deuxième semaine que j'ai réussi à lui parler et à lui exprimer ma déception face à son intégrité envers moi. Il s'est excusé et il a ajouté qu'il savait pourtant que j'étais une bonne fille et qu'il regrettait beaucoup. «Tu mérites d'être heureuse et excuse-moi.»
J'avais la récompense de mes efforts surhumains. C'est ainsi que s'est fermé le cœur de mes quatre dernières années qui ne battait que pour lui.
L'étape de mes idoles cinématographiques
Connaissez-vous les petits romans à dix sous que nous pouvions lire en l'espace d'une heure? Eh bien, c'était mon loisir préféré, avec le cinéma. Ah! le cinéma! J'y fus initiée par ma patronne madame Lajoie, qui adorait les comédies musicales. Elle m'y amenait et, parfois, elle payait mon billet d'entrée - quarante cents - ou bien elle m'offrait un Coca-Cola et un sac de chips pour que je l'accompagne.
J'ai vu mon premier film de cow-boy à l'âge de quatorze ans, le frère de ma copine m'y ayant invitée. Ce fut un émerveillement total, j'avais l'impression d'être toute empoussiérée.
Après la guerre, les films américains traversaient notre frontière et il va sans dire que nous en étions friands.
Les acteurs de comédies musicales tels que Mario Lanza, June Allison, Betty Grable, Fred Astaire, Ginger Roger, Gene Kelly, Katherine Grayson, Judy Garland , Perry Como, Bing Crosby, Howard Keel, Peter Lawford, Jane Mansfield ainsi que Esther William en natation et Sonja Heine et Barbara Ann Scott en patinage artistique, me faisaient rêver.
Les acteurs de mes films d'amour préférés étaient Clark Gable, Barbara Stanwick, Rita Hayworth, Joan Crawford, Jane Wyman, Laureen Bacall, Humphrey Bogart, Tyrone Power, Jane Russell, John Wayne, Burt Lancaster, Robert Taylor, Gregory Peck, Eva Gardner, Dorothee Lamour, Luis Armstrong, Joan Fontaine, Ingrid Bergman, Audrey Hepburn, James Cagney, Greta Garbo, Stewart Granger, Olivia De Havilland, Piper Laurie.
Les comédies françaises, italiennes et américaines avec Georges Guétary, Luis Mariano, Maurice Chevalier, Mistinguette, Janet McDonald, Yvonne Printemps, Henri Salvador, Jean Duquesne, Charles Trenet, Gina Lolobrigida, Abbott et Costello, Laurel et Hardi dans les comédies loufoques m'énergisaient pour la semaine à venir. Je n'étais pas friande des films anglais. Vers l'âge de vingt ans, j'adorais rire, alors j'aimais beaucoup les films français comiques. J'étais peu portée vers les tragédies à moins qu'un grand amour ne s'y développe comme dans Journée sentimentale, par exemple, mais lorsque c'était triste, je ne les voyais pas deux fois. Le goût du théâtre m'est venu avec la télévision, à l'époque des télé théâtres présentés en direct.
J'avais seize ans lorsque j'ai regardé mon premier reportage télévisé. J'étais devant la vitrine d'un magasin, debout sur le trottoir avec des dizaines d'autres personnes. C'était le couronnement de la reine Élizabeth II, en 1950. Il m'arrivait aussi d'être fascinée par le ballet, ce que j'aurais bien aimé étudier. Les films avec Leslie Caron m'impressionnaient. J'essayais de danser, seule dans ma chambre, pleine de désillusion sur ma carrière manquée.
Source: Le village virtuel des 50 et plus
http://www.villagevirtuel.com/copains
Bibliothèque virtuelle