La peur d'être

Des peurs d’enfant?... À vrai dire, j’ai beau chercher, je ne m’en connais pas. Serait-ce que mes parents ont su éloigner, je ne sais trop comment, les craintes qui auraient pu m’atteindre pendant mon enfance? Peut-être que tout simplement, ils ont su me protéger, tout en me laissant «Être» une enfant?

Les psys diagnostiqueraient, sans doute: Surprotection

Cependant, quelques années avant que je devienne une adulte, la peur est venue, sournoisement, frapper à ma porte. Sans aucune suspicion, je la laissai entrer. J’acceptai même d’écouter son discours maquillé de vérité et de convenance:

- Pour devenir une personne qui sera respectée par tes pairs, il te faudra entrer dans le moule décrété par la société, comme normal: Beauté, Consommation, Performance, Stratégie, Compétition, Perfection.

Il faudra aussi te poser certaines questions: Qu’est-ce que les autres pensent de moi ? Vont-ils me comprendre ? Vont-ils m’aimer? Vont-ils m’accepter? Les «vont-ils» n’en finissaient plus!

La peur déploya toutes ses ruses, comptant bien me convaincre que pour devenir une personne reconnue «normale» par la société, il me fallait suivre ses conseils et la laisser me façonner. Elle triompha! L’incertitude et la méfiance embrouillèrent ma personnalité et firent obstacle à ma liberté d’agir.

Les psys diagnostiqueraient sans doute: Sous-estime de soi.

À partir de ce moment là, à mon grand désarroi, les personnes que je côtoyais devinrent, pour moi, des juges. J’avais peur de leurs critiques! Je n’osais plus être moi-même! Je me sentais de moins en moins libre! Je ne vivais plus vraiment! J’étais emprisonnée dans un étau qui, de plus en plus, m’enserrait. J’étouffais!

Les psys diagnostiqueraient sans doute: Détresse psychologique

Un jour où j’étais complètement déroutée, surgit en moi, une discrète musique accompagnée d’une voix très douce et mélodieuse : «Je vois que tu déploies beaucoup d’efforts afin de rester toi-même! Aussi, je viens à ta rescousse. Tout d’abord, souviens-toi toujours que je t’ai aimée telle que tu étais, je t’aime telle que tu es, et je t’aimerai telle que tu seras. Au nom de l’attachement indéfectible qui nous lie, permets-moi de te donner un conseil: Sache, qu’en toutes choses, ton cœur sera toujours ton meilleur guide. Fais confiance aux gens, aimes-les, qui qu’ils soient, et quoi qu’ils pensent de toi. La Vie te le rendra. Crois-moi!»

Inutile de chercher! Je reconnus tout de suite, la paisible voix de maman. Quoiqu’elle soit maintenant dans un «Ailleurs», elle me prodigue constamment de bons conseils et trouve toujours les mots propres à me rassurer. Ce jour là, en plus de m’apaiser, elle me démontra que pour récuser les peurs de grands, comme pour les peurs d’enfants, l’amour est assurément le meilleur bouclier qui soit.

Lorsque mes incertitudes ré-embrouillent mon esprit et que la peur cherche à semer ses flagorneries dans ma pensée, le pacifique conseil de maman refait surface et me fortifie: «En toutes choses, ton cœur sera toujours ton meilleur guide. Fais confiance au gens, aime-les, qui qu’ils soient et quoi qu’ils pensent de toi ! La Vie te le rendra.» Chaque fois que je me laisse tonifier par ce sage précepte, en mon âme, le calme se rétablit et fait renaître la petite fille heureuse et sans peur d’autrefois.

Les psys concluraient, sans l’ombre d’un doute: Retour de la confiance en la Vie.

Mon plus ardent souhait est que la société soit plus tolérante et qu’elle réfute le modèle prescrit, de la normalité, afin que tout un chacun ait la «Liberté d’Être».

P’tite plume, Jacqueline Dubois.





Source: Le village virtuel des 50 et plus
http://www.villagevirtuel.com/copains
Bibliothèque virtuelle