Chapitre 2 - Recherche d'explications

Ma vie se déroulait avec des hauts et des bas. J’étais de plus en plus à la recherche d’explications sur les phénomènes que je vivais maintenant très souvent et qui, chaque fois, me procuraient des périodes de complète euphorie. Je ne m’expliquais toujours pas le pourquoi ni le comment de ces manifestations, mais ces expériences mystérieuses me faisaient jubiler d'admiration et d'émerveillement. Il devait bien y avoir une raison pour que la vie me comble ainsi de ces étonnants cadeaux! Que cherchait-elle à me faire comprendre? Que voulait-elle m’enseigner ? À nouveau, à un rythme infernal, les «pourquoi», les «peut-être» et les «comment» tourbillonnaient dans ma tête.

Je voulais à tout prix trouver une explication rationnelle à ces étranges manifestations. Espérant que quelqu’un me fournirait un éclaircissement, je racontais mes expériences à mes parents, à mes amis... en fait à n'importe qui, pour autant qu'on voulût bien les écouter. Mais, plus je les racontais, plus l’angoisse, le désappointement et l’incertitude me gagnaient. Il paraissait de plus en plus évident que je ne trouverais pas ma réponse dans ces bavardages, mais je m’obstinais pourtant à parler de ces phénomènes à qui voulait bien prêter une oreille attentive à mes récits. Je cherchais vraiment auprès de n’importe qui et dans n’importe quoi, avec l’espoir de trouver une explication acceptable et logique à toutes mes interrogations. Ma hâte à vouloir comprendre, et sûrement aussi la prétention de pouvoir un jour élucider ces mystérieux évènements, me conduisaient dans des chemins où se succédaient des réponses de toutes sortes, aussi contradictoires les unes que les autres. Ceci me laissait d’avantage encore dans le doute et dans un intolérable désarroi. Tout se bousculait dans ma tête. Heureusement, je parvenais quelquefois à rejoindre Petite Étincelle qui m’aidait à mettre un peu d’ordre dans mes pensées. Toutes ces tergiversations avaient fini par me rendre de plus en plus inquiète. Il me fallut me rendre à l'évidence : je m’étais enfoncée dans des chemins tortueux où seul un esprit de discernement très aiguisé permet de distinguer le vrai du faux, ce qui me fit vivre beaucoup de solitude et de désespoir. Mais je crois que c’est finalement ce qui m’a permis de broyer l’écorce de doute, de peur, et surtout d’orgueil, qui enveloppait le noyau de mon être. Petite Étincelle m’avait heureusement appris à être un peu plus indulgente envers moi-même et mes faiblesses, ce qui m’aidait à ne pas trop m’en vouloir lorsque je m’écartais de mon chemin. Nous étions devenues de vraies alliées et ensemble, malgré les embûches, nous marchions sur la route de nos aspirations. Pour sa part, elle entretenait l’espoir que je la transforme, et moi, je gardais celui qu’un jour elle me conduise jusqu’à la «Source» promise. C’est probablement là que je trouverais «Ma Réponse». Cette perspective me donnait la force et le courage nécessaire pour continuer à la chercher. Elle renforçait aussi ma motivation à vouloir découvrir et parfaire petit à petit la connaissance de cette partie de mon être d’où me parvenaient ces précieux messages. Malgré les doutes que j’éprouvais quelquefois quant aux capacités réelles de Petite Étincelle, je ressentais quand même l’urgence d’acquérir ce dont elle avait besoin pour sa survie. Dans les moments de doute et de lassitude, persuadée qu’elle trouverait les mots appropriés pour me redonner espoir, j’allais me mettre à l’abri dans ce coin de mon être où j’étais sûre que mon amie était toujours prête à me recevoir. Lorsque l’incertitude s’emparait de moi et que j’entendais sa voix si douce et remplie de tant de compassion, je me sentais aussitôt rassurée et attendrie au point où je fondais en larmes presque à chaque fois. Est-il possible qu’une si petite voix contienne autant de bonté?

Tenez! Si vous le voulez, je vais vous raconter ce qui est arrivé un jour où j’étais profondément troublée. Bien entendu, je m’étais réfugiée auprès de Petite Étincelle, puisqu’elle était vraiment la seule à pouvoir me sortir de ce tourment. Elle remarqua immédiatement l’état pitoyable dans lequel je me trouvais et elle m’accueillit en silence. Vous savez... ce genre de silence habité d’amour, de réconfort et de compassion. Celui que seul le cœur peut entendre.

J’étais complètement absorbée par ses paroles silencieuses et je ne me rendais pas compte que quelque chose d’extraordinaire était en train de se produire. Je pleurais, et tandis que mes larmes coulaient sur mes joues, elles se transformaient en baisers. J’avais l’impression d’être devenue ruisseau. J’aurais souhaité que cet instant devînt éternité. Petite Étincelle et moi ne faisions qu’un avec l’Univers. J’étais secouée corps et âme par de grands frissons. C’est certainement cela que ma tendre amie appelait des moments de grâce.

Elle brisa ce silence pour me dire : « Maintenant, ma très chère amie, tu as la preuve que l’amour et la compassion ont le pouvoir de te transformer en ruisseau. Ne permets jamais à rien ni à personne d’en arrêter le cours vers quelque chose de plus grand ». Il est inutile de vous dire que je savourais chacune de ses paroles et que j’aurais bien voulu que cette rencontre ne se termine jamais. Mais ma chère grande Petite Étincelle me ramena à la réalité : « Il est temps maintenant de retourner à nos obligations! Mais n’oublie surtout pas qu’il faut me nourrir de trois choses essentielles pour que je demeure active. Sinon… je risque… Oh, excuse-moi! J’allais encore te répéter que… »

Son petit air timide me fit fondre de tendresse et je l’arrêtai pour lui dire : « Mais non, ne t’excuse pas! Tu fais bien de me rafraîchir la mémoire; je ne voudrais pour rien au monde que ta croissance soit compromise par ma négligence. Je comprends que tu aies peur que j’oublie. Aimerais-tu que je te dise pourquoi je suis maintenant consciente de la crainte que tu éprouves? » Sa curiosité était si flagrante que je poursuivis sans même attendre sa réponse :

« Lorsque je reste trop longtemps sans fusionner avec toi, la tristesse et le désespoir m’envahissent à tel point que je me retrouve sans force et sans âme, comme si j’étais morte tout en continuant d’exister. C’est cela qui m’a fait prendre conscience que tu fais partie de moi et que si je ne te maintiens pas en vie, je m’éteins moi aussi.»

Ma quête de compréhension et mon entêtement à vouloir percer ces mystères finirent par me conduire dans des sentiers très ardus. J’aurais pourtant dû me rappeler ce que Petite Étincelle m’avait dit à ce propos : « Il n’est pas nécessaire de comprendre ces choses… » Mais, au lieu de mettre ses enseignements en pratique, je continuais de raconter mes expériences à qui voulait bien les entendre, ce qui ne m’apportait que désappointement.

J’aurais pourtant voulu faire partager ma découverte au monde entier et pouvoir crier au quatre coins du monde : « J’ai fait une découverte extraordinaire! Nous possédons tous notre propre Petite Étincelle; pour la découvrir, il suffit de nous laisser guider par les forces de la vie. »

Ma Petite Étincelle était heureusement plus réfléchie que moi et elle calma mes élans en me faisant part de ses recommandations: « C'est surtout par ta façon de vivre que tu pourras susciter chez d’autres personnes l’envie de faire ces découvertes. C'est par le rayonnement de ta vie que tu propageras l'Amour, la Compassion et le Partage, et que tu inciteras les gens à vouloir faire la découverte de leurs trésors intérieurs. Crois-moi, chère amie, ce n'est pas en le criant sur tous les toits que tu motiveras les gens à entreprendre cette démarche . »

Par la suite, je me suis appliquée à suivre ses judicieux conseils, et je puis vous assurer que, comme toujours, elle avait grandement raison. J'ai fini par comprendre que ce n'était pas le temps pour moi de partager ces rencontres, aussi merveilleuses soient-elles. J'ai compris qu'il me fallait lui faire entièrement confiance; elle me ferait savoir lorsque le moment serait venu de transmettre ce qu'elle m'avait appris. Elle me dirait quand et comment le faire, et si je ressentais le besoin de me faire aider par d'autres personnes, elle me les ferait rencontrer. Je finis fort heureusement par comprendre qu'il était préférable de passer toutes ces expériences sous silence, puisque la plupart du temps je n'avais droit qu'aux sarcasmes de mes confidents et à leur scepticisme. Certains me renvoyaient à des livres auxquels ils faisaient référence, d'autres à des fraternités telles que l’Ordre de la Rose-Croix, Eckankar, etc., d'autres enfin allaient jusqu'à me conseiller de consulter un psychiatre. Je fis la tournée des regroupements et entrepris la lecture de je ne sais combien de livres. Mais tous me donnaient des explications différentes, parfois même contradictoires. Je ne parvenais toujours pas à trouver « Ma réponse ».

Pourquoi ne demandais-je pas l'aide de Petite Étincelle ? J’admets que j’aurais dû le faire, mais quelquefois mon ego me faisait croire que j’y arriverais seule. Mon amie m’avait pourtant répété mille et une fois : « N’hésite surtout pas à demander mon aide si tu en as besoin! Qu’importe le jour ou l’heure, je suis toujours là pour toi. » J’attendais malheureusement trop souvent d’être complètement anéantie pour enfin me décider à recourir à ses bons conseils. Il n’est donc pas surprenant que je me sois retrouvée dans des sentiers tortueux qui ne menaient nulle part. J’avais trop souvent négligé de fournir à Petite Étincelle les aliments indispensables à sa croissance et à sa survie, et je n’arrivais plus à l’entendre clairement. Sa petite voix s’éteignait peu à peu. au point de devenir presque inaudible.

Un jour, bien que très faiblement, elle réussit malgré tout à se faire entendre. Vous imaginez mon soulagement! Inutile de vous dire à quel point je fus soulagée! Chère grande amie! Elle avait, une fois de plus, pressenti que j’avais besoin d’elle et elle venait à mon secours. Ayant l’intuition qu’elle en avait long à me dire, je pris le temps de m’asseoir confortablement, bien recroquevillée dans le coin de mon divan préféré et lui dis :

« Bon, ça y est, je t’écoute… je suis tout ouïe… Mais essaie de parler un peu plus fort car je ne t’entends presque plus.» Avec un air de professeur qui se prépare à donner son cours, elle débuta en me disant : « Chère amie, si tu veux bien saisir ce que je veux te dire, il faut d’abord m’écouter, non pas avec tes oreilles, mais avec ton cœur et surtout… ne pas me couper la parole. Sinon… »

Cette fois-ci, ce fut plus fort que moi… Passant outre sa demande, je l'interrompis et j'achevai à sa place la mise en garde qu’elle s’apprêtait à me faire : « Sinon je vais mettre fin à notre rencontre. C’est bien ce que tu étais sur le point de me dire, n'est-ce pas ? » Elle ne fit aucun commentaire et continua comme si je n’avais rien dit . Tout à fait entre nous… elle était peut-être contente de ne pas avoir eu à me le dire elle-même. Donc, comme je vous disais, elle continua son petit discours, toujours sur le même ton professoral : « Si tu le veux bien, nous allons ensemble nous remémorer les enseignements de Vie que tu as reçus depuis notre première rencontre. » J'acquiesçai d’un simple petit signe de tête. Je ne voulais surtout pas lui couper de nouveau la parole, car je ne savais que trop ce qui pouvait arriver. Elle continua donc : « C’est bien! Récapitulons! En premier lieu, je t’ai révélé que tu es la seule à posséder le pouvoir de me faire grandir. Ensuite, je t’ai indiqué où se trouve mon logis, et le chemin à prendre pour t’y rendre. À la suite de quoi, je t’ai désigné les trois aliments qu’il te faut acquérir pour ma croissance et ma survie. Si tu te rappelles bien, je t’ai dévoilé des connaissances et des pouvoirs que tu ne soupçonnais même pas posséder. Je t’ai également fait la promesse que, lorsque tu auras fait de moi un grand feu, ma lumière te guidera jusqu’à une source sans pareille. De plus, à chacune de nos rencontres, j’ai pris bien soin de laisser des sillons de lumière qui resteront à tout jamais gravés tout au long de ta route pour que tu retrouves toujours le chemin qui mène à notre lieu de rencontre. Ce sont ces apprentissages qui t’ont permis de vivre ces moments de grâce, que toi tu appelles phénomènes. Je tiens à ce que tu saches que les chemins que tu as parcourus et qui ne t’ont menée nulle part n’ont quand même pas été inutiles. Ils ont envoyé à ouvrir ta conscience à d’autres enseignements qui te permettront de faire des choix beaucoup plus éclairés et surtout beaucoup plus sages qu’auparavant. Ils t’ont aussi permis d‘augmenter ta tolérance vis-à-vis des autres écoles de pensée.»

Cet énoncé de mes apprentissages fut suivi d’un long moment de réflexion. Soudain, je sursautai. C’était Petite Étincelle qui me remerciait de ne pas lui avoir coupé la parole. Je fus très étonnée... Sa voix avait repris de la vigueur. Je lui en fis la remarque : « Dis-moi, Petite Étincelle, je rêve ou est-ce que ta voix est vraiment plus forte ? » C’est tremblante d’émotion qu’elle me répondit : « Très chère amie, ce n’est pas ma voix qui est plus forte, c’est toi qui es de plus en plus réceptive à mes messages et moins perturbée par tout ce qui t’entoure. Maintenant que le noyau de ton être contient suffisamment d’Amour et de Compassion, tu comprendras beaucoup mieux la souffrance des personnes que la vie mettra sur ton chemin . Je pourrai donc te confier la mission de les soulager, en partageant avec elles mes révélations. Pour ce faire, il est fondamental que tu n’éprouves aucune crainte et que tu me fasses entièrement confiance. Si le doute, l’incertitude et la peur veulent te faire dévier de la route que je t’ai tracée, il ne faut pas hésiter à me demander de l’aide. »

- Rappelle-toi! Quoi qu'il arrive, ne crains rien, je serai toujours là. »




Source: Le village virtuel des 50 et plus
http://www.villagevirtuel.com/copains
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