Besoin d'un miracle
Chapitre 1



Dans la gorge
un cachot

Écrire pour sculpter son nom
extraire les mots 
de leur bloc de silence

Délit d'écriture
parole en fuite

Haut les crayons
Entre les doigts
l'encre fatale
Dénoncer les crimes contre la personne

Retracer sa voie
Une phrase à la fois

Cette soif
Poursuivre ses rêves
même chaussés de plomb…
Paris, le 7 mai 2001 Ma chère Lucie, " On ne peut bien écrire qu'en allant vers l'inconnu ", livre Christian Bobin. Je croyais le faire en m'exilant ici. Pourtant, les mots me tournent le dos, ce matin. L'oisiveté me ligote les poignets. La panne fatale a frappé. Alors je te gribouille quelques pages, en espérant que tout rentrera dans l'ordre à mesure que j'alignerai les phrases.

Parfois, j'ai la sensation étrange de ne pas être TOUTE ici; on dirait qu'une partie de moi est restée au Québec. J'ai les bleus de Montréal, comme dans la chanson de Barzotti, surtout le soir et lors de mes insomnies.

Je m'inquiète puisque je me retrouve sans nouvelles de toi depuis vingt jours. Je tiens cette comptabilité car l'isolement me fait souvent remonter le cœur dans la gorge. Dans ces moments-là, je regrette cette bourse de voyage obtenue pour l'écriture de mon troisième roman. En choisissant de vivre un an à Paris, je croyais laisser derrière moi l'ancienne vie, un divorce éprouvant (pléonasme) et tous mes soucis. Je réalise que je n'ai pas voyagé léger mais avec un tas de passagers clandestins.

Je te signale, en passant, que tu avais promis de m'écrire toutes les semaines. Je veux TOUT savoir. La distance aidant, je suis encore plus avide qu'avant.

Entre les lignes de ta dernière lettre se profilait la déprime. Je constate que ton mariage bat sérieusement de l'aile. Louis semble de plus en plus sourd à tes besoins. Il ne se rend donc pas compte de tout ce que tu fais pour ses enfants et pour lui?

Si je ne me trompe pas, ton vernissage se tiendra ces jours-ci. Ta dernière toile " L'éveil du printemps " est très réussie. J'ai affiché, devant ma table de travail, la photographie que tu m'as envoyée. Prédiction : je suis certaine que ce tableau ne restera pas longtemps en ta possession.

Ma vie est très calme, trop, justement. Je la partage entre lecture et écriture. Je m'impose une discipline de béton armé afin de pouvoir arriver à quelque chose. Chaque matin, je sors marcher, à jeun, pour me forcer à accélérer le rythme. La marche devient ma méditation. Lorsque j'arpente les rues de la ville-lumière (je suis consciente du cliché), l'écriture automatique s'enclenche dans ma tête. Je vais autant à ma rencontre qu'à celle des pages à venir. L'expérience est enivrante. J'en redemande, complètement accro.

Quand mon moral s'aligne vers les tons de gris, je prends papier et crayons et je me rends au bistrot du coin, histoire de ne pas écrire en rond. Mais je devrai changer de planque car le proprio commence à être emmerdant. Il me drague à mort. Je l'impressionne! Une écrivaine, Québécoise de surcroît. Hier, il voulait que je l'accompagne au cinoche, comme il dit. J'ai d'abord testé ses connaissances en 7e art. Il est archi-nul. J'ai donc décliné poliment l'invitation. D'ailleurs, je n'aime pas la tronche de ce mec. Naturellement, Victor (tu me vois en train de prononcer ce prénom-là à cœur de jour?) rêve de venir au Québec. Il ne viendra pas crécher chez moi, je te le jure. Nous n'avons absolument rien en commun. Je n'ai pas l'intention de pousser les recherches, non plus. Je me suis rendue ici pour tourner les pages d'une vieille histoire, pas pour en écrire une autre dans le même style.

Par contre, Fabien, mon voisin de palier, est craquant : grand blond aux yeux bleus, beau comme un mannequin de pub pour Armani. Une beauté sauvage! Nous nous sommes croisés pour la première fois, la semaine dernière. " Vous êtes Canadienne? " m'a-t-il demandé. " Québécoise. " " Ça s'entend ", a-t-il rétorqué. Nous avons échangé quelques banalités. Avec lui, je te le dis tout de suite, je serais même prête à aller voir un film de Schwarzenegger, sous-titré, s'il le faut. Je l'ai surnommé, secrètement, bien entendu, mon beau Viking (pas Schwarzie, bien sûr, mais Fabien).

Voilà, en gros, ce qui s'est passé dans ma vie depuis mon dernier envoi. J'attends ta réponse avec impatience. Magne-toi, comme disent les Français. Ne me fais pas languir. N'oublie pas notre adaptation très libre d'un proverbe connu :

À chaque jour suffit sa merde

Je t'embrasse
Affectueusement
Colette
xxxxxx

P.S. Quand penses-tu me rendre visite? Ce serait idiot de ne pas en profiter…

Lucie Auger replia la lettre et la rangea dans un compartiment secret de son sac à main. Elle reprit contact avec le décor de la salle d'attente. Un vieillard égrotant toussa. Le vieux quitta son fauteuil pour éteindre un mégot. Il se mouvait avec peine. Celui-là, se dit Lucie, mourra avec une cigarette clouée au bec, comme papa. L'image de son père, hémiplégique vers la fin de sa vie, revint la hanter. Lucie se le représenta, cacochyme, à essayer d'allumer une clope, en tremblotant, de sa seule main valide. Malgré les recommandations de son médecin, il avait encrassé ses alvéoles pulmonaires jusqu'à son dernier souffle.

Un peu plus loin, un adolescent vêtu d'un bermuda à carreaux, le fond de culotte pendant aux genoux, faisait la promotion d'une bière sur un t-shirt avachi. Son chapeau lui donnait l'allure de l'acteur jouant le rôle du débile léger dans la télé-série Les joyeux naufragés. Dans le coin droit de la pièce, deux hommes d'âge mûr se relançaient. Qui conterait l'histoire la plus salace? Lucie s'éloigna.

Elle prit place en face d'une femme au ventre rebondi qui entrecroisait des aiguilles à tricoter avec régularité. Lucie s'attendrit devant le petit chausson rose qui prenait forme. Aux côtés de la future mère, une vieille dame, épaules tombantes et cou à la Modigliani, adressa la parole à la tricoteuse. Cette dernière échappa une maille. La vie est ainsi faite, songea tristement Lucie. À la moindre inattention, le tricot de notre vie file. D'un mensonge anodin en promesses non-tenues, de petites en grandes trahisons, il devenait impossible de le rapiécer. Le tout ressemblait, à la longue, à une vieille guenille mitée, irrécupérable. Le processus se faisait insidieusement. Les signaux d'alarme demeuraient parfois difficiles à décoder.

Quelques minutes plus tard, dans le bureau du médecin, Lucie attendait, le dos droit, assise sur le bout de la chaise. Le docteur Gilles Gélinas chaussa ses lunettes à monture dorée. Il salua la patiente avant d'ouvrir son dossier. Pour toute réponse, Lucie le gratifia d'un sourire timide. Il consulta les feuilles de bilan d'examens subis une dizaine de jours plus tôt. Lucie en profita pour observer discrètement le disciple d'Esculape. Le quinquagénaire aux tempes grisonnantes ne pouvait qu'inspirer confiance. Grand, mince, le teint légèrement hâlé, il incarnait la santé.
- Tous les examens sont normaux.
- Et le test de grossesse? demanda Lucie, dans un souffle.
- Négatif.

Lucie camoufla la vague de désespoir qui déferla en elle. Quelle idiote de s'imaginer qu'à trente-huit ans, la possibilité de concevoir lui serait accordée. Pourtant, dans All my children, son feuilleton préféré, il arrivait fréquemment qu'une seule relation sexuelle se solde par une grossesse. Il fallait admettre aussi que, plus souvent qu'autrement, les scénarios dudit téléroman s'avéraient plutôt invraisemblables.
- Pour vos nausées, je vais vous faire passer une échographie du foie et des voies biliaires. Et bien que le taux de FSH-LH soit lui aussi normal, je crois que vous commencez vraisemblablement votre pré-ménopause.

Les yeux verts de Lucie s'agrandirent de surprise.
- De prime abord, vos symptômes d'insomnie, d'anxiété et d'irritabilité laissaient croire à un état dépressif. Par contre, d'autres symptômes ne trompent pas. Les bouffées de chaleur dont vous vous plaignez, la perte de libido, les palpitations, la sécheresse vaginale et vos cycles menstruels qui se sont allongés…

Le diagnostic inattendu cloua le bec de Lucie. Elle frissonna d'horreur en songeant à tout ce qu'on véhiculait au sujet de ce phénomène pourtant naturel mais qui se teignait de calamités. Elle se vit obèse, condamnée à porter des vêtements de taille plus, les élastiques imprimés dans les replis des bourrelets, le corps recouvert de poils disgracieux.
- En médecine, on ne peut prescrire des hormones de remplacement qu'un an après l'arrêt total des menstruations. En attendant, pour soulager vos symptômes, je vais vous référer à un ami qui est naturopathe. Il pourra vous conseiller des suppléments à prendre.

Un médecin et un naturopathe, quelle drôle d'association, pensa Lucie. Il s'agit d'un bel acte d'humilité, par ailleurs, de la part d'un médecin qui accepte ses limites.
- Comme vos cycles sont de plus en plus irréguliers, il vous faudra être plus vigilante si vous voulez éviter une grossesse. Lucie pinça les lèvres, amère :
- Je ne pense pas que ce soit dangereux. Je suis mariée depuis treize ans et je n'ai pas eu d'enfant.
- La vie joue de ces tours, parfois. Une de mes patientes, une nullipare, a adopté deux enfants après six ans de mariage. Elle est tombée enceinte coup sur coup après . La voilà mère de 4 enfants. Les deux derniers ont à peine un an d'intervalle.

La chanceuse, l'envia secrètement Lucie.
- Les enfants de votre mari ont quel âge, à présent?
- Quinze, dix-sept et dix-neuf.
- Le pire âge.


Lucie ne put s'empêcher de sourire : - C'est drôle que vous disiez ça. Quand je me suis mariée, Jonathan avait deux ans. Il était en pleine phase du non. Ma belle-mère m'a dit : " Pauvre fille, le pire âge! ". Puis Francis a commencé l'école. Son comportement a changé du tout au tout. " Le pire âge! ", a encore diagnostiqué belle-maman. À treize ans, lorsque Marjolaine a fait sa première fugue, même rengaine. C'est à se demander…
- Élever des enfants, c'est tout un contrat si vous voulez mon avis. Chaque âge a ses… charmes… disons. La situation est encore pire dans les familles reconstituées. Les enfants en arrivent à ne plus s'attacher à qui que ce soit de peur d'être à nouveau blessés.
- Chose certaine, c'est houleux.
- En fait, j'ai lu que pour savoir quelles embûches guettent ce genre de famille, il suffit de calculer les problèmes possibles dans une famille biologique et de multiplier au moins par deux.
- Pas très encourageant.

Le médecin referma le dossier. Lucie se leva aussitôt, ne voulant pas abuser. Elle avait lu dans un périodique que la plupart des médecins accordaient sept minutes à chaque patient, en moyenne, par consultation. Le docteur Gélinas sortait donc de l'ordinaire. Il avait déjà consacré une heure à Lucie lors d'une visite. Elle le remercia, la main sur la poignée de la porte. Il la raccompagna jusqu'à la salle d'attente, en continuant la conversation :
- Votre mari a-t-il accepté de vendre la maison, finalement?
- Non.

Une onde de colère submergea Lucie. Ils avaient déménagé six fois selon les caprices de Louis. Dans la famille, on avait surnommé son mari " la girouette ". Ils étaient à peine installés qu'il fallait repartir. Elle subissait le drame d'une sédentaire ayant épousé un nomade. Lucie n'était guère aventurière mais cette fois, elle avait manifesté le désir de quitter la campagne pour la ville. Tout y serait tellement plus simple, pour les enfants comme pour elle. Louis s'y opposait vivement. Lucie se demandait bien pourquoi. " Parce que ce n'est pas l'idée de Louis ", lui avait expliqué sa belle-mère.

Lucie aurait préféré que le médecin oublie le dernier rendez-vous, les confidences sur les conflits maritaux, les larmes qu'elle n'avait pu refouler et le silence qui n'en pouvait plus.
D'un air compatissant, le Dr Gélinas ajouta à voix basse :
- Comme je vous l'ai dit l'autre jour, n'hésitez pas si vous sentez le besoin de prendre des antidépresseurs. S'il y a quoi que ce soit, revenez me voir…

Le cœur gros, elle agita la tête en guise de remerciement.

En voiture, pendant le trajet du retour, Lucie eut le temps d'encaisser les révélations du docteur Gélinas. La pré-ménopause! Invraisemblable! Elle ne s'attendait pas du tout à ce diagnostic. Sa vie avait défilé sans qu'elle en prenne conscience. Un sentiment de désespoir doublé de solitude l'empoigna.

I don't want to live by myself anymore, confiait Céline Dion, à la radio. Moi non plus, pensa Lucie en réalisant qu'elle ne s'était jamais sentie si seule et si abandonnée. Louis ne comprenait jamais rien. La fin de semaine dernière, encore, il s'était permis de critiquer une toile que Lucie venait de terminer. Une femme à sa fenêtre jetait un regard nostalgique au-dehors. Des enfants se balançaient, un homme roupillait dans son hamac.
- Je ne vois pas pourquoi tu as baptisé ton tableau Solitude. Si cette femme se sent seule avec un mari et des enfants, elle a un problème dans le ciboulot.

Louis était devenu, au fil des ans, le plus grand éteignoir qu'elle ait connu. Une fois de plus, il n'avait rien pigé. Lucie n'avait pas répliqué. L'expérience lui avait appris que la plupart du temps, il valait mieux se taire. Elle prenait conscience, aujourd'hui, qu'à force de ne pas les formuler, toutes les réparties s'amoncelaient en une montagne de frustrations, bouillonnant et fermentant jusqu'à provoquer un cataclysme. Par moments, Lucie se sentait tout près de la catastrophe. Elle maîtrisait tant bien que mal cette effervescence intérieure et ce cri qu'elle étouffait dans sa gorge depuis deux ans, depuis que son mari avait lâchement déserté.

Car pourquoi Louis avait-il choisi ce nouvel emploi qui le forçait à s'absenter toute la semaine, sinon pour fuir ses responsabilités? Lucie n'en finissait plus de colmater les lézardes de leur mariage. Elle n'avait pas fini de réparer une brèche qu'en surgissait une autre, encore plus menaçante. Combien de temps avant que les rafistolages cèdent?

Lucie rentra à la maison dans cet état d'esprit. Brave, la vieille chienne, fut la seule à lui souhaiter la bienvenue. Lucie qui s'était tant opposée à l'adoption de la petite bête, douze ans plus tôt, se félicitait d'avoir cédé. L'animal leur avait même sauvé la vie, quelques années auparavant, alors que le feu avait dévoré une partie de la maison. Leur malheur avait fait les manchettes du quotidien. Une famille échappe à la mort grâce à la vigilance d'un Labrador, titrait le journal local. On y mentionnait aussi que le feu avait été causé par des articles de fumeur. Lucie était parvenue à pardonner à Marjolaine, qui, en fumant en cachette dans l'atelier, avait non seulement failli les tuer mais avait aussi détruit le fruit d'une année de travail, soit douze tableaux destinés à une exposition.

Marjolaine! Cette enfant rebelle lui avait causé tant de soucis. " T'es pas ma mère ", ne cessait-elle de lui répéter du haut de ses six ans, quand Lucie la reprenait ou essayait de la guider dans ses apprentissages. Beaucoup plus tard, excédée par l'une de ses frasques d'adolescente, Lucie avait échappé : " Non je ne suis pas ta mère et je suis bien contente, parce que parfois, je ne serais pas fière! ". Lucie s'était vite rendu compte qu'elle avait fourni des munitions à sa belle-fille.

" J'suis pas ta servante! ", rétorquait souvent l'insolente lorsque sa belle-mère avait le malheur de solliciter son aide pour les travaux ménagers. Marjolaine représentait la provocation à l'état pur. Il avait fallu en déployer des trésors d'imagination avec cette petite. Lucie avait tout essayé : la patience, l'indulgence, la tendresse et la fermeté. Fiasco total. Elle n'aurait jamais cru qu'une fillette puisse se buter à ce point.

Lorsque l'un des frères de Lucie lui avait présenté Louis, quatorze ans plus tôt, tout avait paru si simple. Un veuf se cherchait une compagne et une mère pour ses enfants. Une femme seule adorait les petits. Lucie n'avait pas demandé mieux que d'endosser les rôles disponibles. Tout s'imbriquait parfaitement.

Lucie n'oublierait jamais leur premier acte de chair. Ironiquement, la voix de Frida Boccara s'échappant de la radio, avait surpris la jeune femme. Et je m'en fous si ce n'est pas vraiment le grand amour, il m'a ouvert toutes les portes du... bonheur, sans doute, Lucie avait oublié la suite. Avec le recul, chose certaine, elle pouvait affirmer qu'en épousant le jeune veuf d'alors, si elle ne s'était retrouvée ni au ciel ni en enfer, il s'agissait à tout le moins d'une forme de purgatoire.

Bien entendu, en unissant sa vie à celle de Louis, un père de trois rejetons de deux, quatre et six ans, Lucie s'attendait bien à quelques problèmes de rodage. Mais rien n'avait préparé la jeune épouse à ce qu'elle traverserait : une situation oscillant du grincement de dents au cataclysme généralisé. Le mythe de l'horrible marâtre avait été remplacé par celui de l'affreuse belle-fille.

Lucie n'avait pas mis beaucoup de temps à réaliser qu'elle avait été parachutée dans un guêpier. Marjolaine nageait en plein conflit oedipien . Elle considérait sa belle-mère comme une intruse et une rivale. La petite peste avait livré bataille dès le début et le conflit n'avait fait qu'empirer avec les ans. La mère improvisée avait dû se rendre à l'évidence. Le plan machiavélique de Marjolaine s'était raffiné à l'adolescence et consistait à vouloir séparer son père de celle qu'il avait choisie pour deuxième épouse. Lucie avait pris les armes, bien malgré elle, histoire de ne pas y laisser sa peau.

Dans ces conditions, comment trouver équilibre et bonheur dans une maison chargée de tant d'électricité, où la moindre peccadille tournait à la vendetta? Comment éviter les ratés dans un climat de tension perpétuelle?

Devant la glace de la salle de bains, Lucie croisa le regard d'une femme fanée. Elle souleva une mèche de cheveux gris. Qui était cette étrangère qui la dévisageait?



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