La petite Angéline
	
A la fin d’un jour d’hiver, la petite Angéline s’endormit pour toujours.
Nous étions près de son berceau et nous regardions. La vie la quittait.
après seulement six mois !   Elle venait de fermer les yeux. Son regard
nous avait dit qu’elle voulait garder un lien avec nous au pays des anges.

Pourquoi n’as-tu pas enlevé, dans les derniers baisers sur ta bouche,
quelque chose de mon âme pour emporter avec toi.

Ma petite sœur, ma petite sainte du ciel, je revois ton image aimée. Mais
maintenant, je te vois autrement: plus belle, plus rayonnante, tout com-
me les anges aux blondes ailes. J’ai pleuré.

Maintenant que je connais la vie, ma petite Angéline, je me réjouis que
le Seigneur soit venu te chercher dans la pureté de l’aube de la vie.

Tes yeux n’ont vu que notre sourire, tes oreilles n’ont entendu que des
douceurs.

Ô toi, tu ne marcheras jamais dans les jardins rocailleux d’ici-bas.

Son corps est maintenant étendu sous des jonchées de fleurs.

Elie Bourgault,
Paul des Erables, pseud.
L’Action Catholique, avril 1920








Source: Le village virtuel des 50 et plus
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