Avant la messe
J’entrai dans notre église et me mis à genoux:
Seigneur ! Que ton temple est parfois bien doux.
C’était l’heure où là-haut, le roi du jour se dresse:
Le vieux clocher jetait ses appels pour la messe.
Pendant que dans la nef, les croyants se groupaient,
Dans le chœur, doucement , prêtres et clercs avançaient.
Les vitraux étaient teints de couleurs de l’aurore,
Et le temple s’emplissait d’un murmure sonore.
Quand le prêtre incliné dit le confiteor,
Moi, je répétais ces mots dans mon livre d’or.
Éclairé par le ciel, je revoyais mes vices,
Mes fautes, mes péchés, mes petites malices.
Dieu, ce n’est pas pour rien qu’on vous appelle bon,
Surtout quand, avec cœur, on dit ce mot: «Pardon!»
C’est de vous que je tiens la divine promesse:
Ayez pitié, Seigneur ! Oubliez ma faiblesse !
Je dirai: «Je vous aime avec toute mon âme:
Embrasez tout mon cœur du feu de votre flamme !»
Quand j’aurai contemplé ce qu'on ne comprend pas,
Je serai plus heureux; mon cœur sera moins las.
Et pour un jour, sans doute, au chemin de la vie,
Je ne flétrirai pas mon âme rajeunie !
Elie Bourgault,
Paul des Erables, pseudo.
Ottawa, L’Action Catholique, 10 avril 1919
Source: Le village virtuel des 50 et plus
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