Voix qui montez

	Belles voix qui montez de l’enceinte des villes,
	Respirs des cœurs heureux souvent remplis d’émoi,
	Soupirs de violons de nos fêtes civiles,
        	Voix des âmes serviles,
                Chantez, chantez pour moi !

	Gazouillements d’oiseaux dans les grands bois sauvages,
	Où jamais le chasseur ne promène la mort,
	Mugissements amers des flots sur les rivages,
                Apaisez mes remords,
                Grandes voix des orages.

	Vous qui montez la nuit des vieux temples gothiques,
	Comme des flèches d’or qui franchissent l’azur,
	Voix de l’orgue qui joue, échos des saints cantiques,
        	Et des clochers antiques,
                Rendez mon cœur plus pur.

	Voix qui montez du ciel comme un vol de colombe,
	Laissez-moi vous prier pour le jour de l’Adieu,
	Quand je serai couché, tout froid, dans une tombe
	Alors que le soir tombe
	Ah! Pour moi, priez Dieu !

	Elie Bourgault,
	Ottawa, août 1922










Source: Le village virtuel des 50 et plus
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