L'allumette
Entre la vie et l’allumette
J'établis un rapport parfois :
L’une ou l’autre nous inquiète,
Les deux ne servent qu’une fois.
Comme la flamme qui dévore,
Allumette, ton bois si fin,
L’Idéal que mon âme adore
Monte en moi sans cesse et sans fin.
Puisqu’ici-bas tout symbolise
L’acte de l’esprit ou du cœur
Il faut que la vie utilise
Tous les élans de son ardeur.
Pour que jamais l’on ne regrette
Rien, rongés, d’un remords secret,
Songeons que comme l’allumette,
La vie avance et disparaît…
Pauvres errants de la Planète
Devant Celui qui nous fit tous,
Plus que la fragile allumette,
Mes frères, dites : «Sommes-nous?»
Songeant, quand son bois semble geindre
Sous le feu qui court vers mes doigts,
Que la vie aussi doit s’éteindre,
Je pleure, hélas! souventes fois!…
Elie Bourgault,
L’Action Catholique, 14 janvier 1920.
Source: Le village virtuel des 50 et plus
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