Rêve
Rêve!…douce demeure où se loge mon âme,
Garde-la prisonnière entre tes lambris d’or !
Quand la mort de la vie en éteindra la flamme,
Si le ciel n’est pas vrai, qu’elle t’habite encore.
Rêve!…tu m’as montré des visions bien belles;
N’ayant pu les saisir, j’ai senti mon malheur.
Ah! Pourquoi donc parfois, en retournant tes ailes
Me bercer à rebours près d’un monde meilleur ?
Rêve!…même s’il faut pleurer ton inconstance,
Je veux qu’en tous les temps, tu sois mon seuil.
Ô seul ami que j’ai eu en ce lieu de souffrance
Donne à mon âme au moins l’image de l’amour!
Rêve!…j’aime l’essor vers les horizons roses,
Au royaume de l’art où fleurit la beauté,
Où règne le génie…, inconscient des choses,
Que je sois un moment dans ton vol emporté!
Elie Bourgault
Ottawa, septembre 1920
Source: Le village virtuel des 50 et plus
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