La brise

	Du chant des oiseaux, mon âme est éprise.
	J'aime le glouglou des petits ruisseaux;
	J'aime encore mieux une douce brise
	Qui passe en chantant dans les verts préaux.

	Elle me dit tant, tant de belles choses,
	Sa voix est si douce à mon cœur souffrant,
	Que je passe, oisif, mes longs moments roses
	A la voir bercer l'orge et le safran !

	Quand, le soir venu, mon front est humide
	Et mes bras sont las des travaux du jour
	La brise, avec son haleine limpide
	Essuie, en passant, mon front de sueurs, lourd.

	La brise qui porte au loin les paroles,
	Les élans sacrés échappés du cœur,
	La brise qui passe au sein des corolles
	Est bien douce et n'a jamais de frayeur !


Elie Bourgault
St-Jean-Port-Joli, 24 août 1918.





Source: Le village virtuel des 50 et plus
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